Le blog d'Alexandra Nomade : Histoires, émotions, inspirations

Alexandra Nomade n’est pas seulement un lieu, c ’est une manière d’habiter le monde autrement.

J’écris ici comme je vis la maison : avec curiosité, avec nuances, parfois avec engagement, avec la conviction que nos trajectoires peuvent toujours se réinventer.

On parlera de traditions qui relient, de souvenirs qui façonnent, de transitions qui transforment.
Des zones bleues au couscous du dimanche (oui chez moi c'était le dimanche).

Mais surtout, on parlera de ce qui nous tient debout.

Parce qu’avant d’être un lieu physique, une maison commence souvent par une réflexion intérieure.

 

Voici les trois grandes rubriques qui structurent ce blog. Elles seront explorées au fil des articles à venir.

Vivre longtemps, vivre bien

Vieillir n’est pas disparaître.
C’est se transformer.

Dans cette rubrique, on explore ce qui fait une vie longue —
mais surtout une vie pleine.

Les zones bleues.
Le lien social.
Le sens.
La liberté de choisir sa manière d’habiter le monde.

Parce que vivre longtemps n’a d’intérêt
que si l’on continue à se sentir vivant.

Ce qui reste

On change.
On déménage.
On perd.

On chute.

On se redresse.
On recommence.

Et pourtant, quelque chose reste.

Des gestes.
Des goûts.
Des croyances.
Des façons d’aimer.

Dans cette rubrique, j’explore ces traces.
Celles qui traversent le temps.
Celles qu’on garde.
Celles qu’on décide de laisser derrière soi.

Parce qu’au fond, une transition pose toujours la même question :
qu’est-ce qui reste, quand tout le reste bouge ?

Chroniques de la maison

Entrez dans l'intimité de la Maison Alexandra Nomade. Cette catégorie partage des témoignages vivants, des coulisses, des prémices du concept aux  portraits d'habitants ou d'artisans locaux, de moments clés de la vie. C'est notre carnet de bord, rempli d'émotions et d'expériences uniques que nous voulons partager avec vous.

Ce qui reste

Ne pas aimer le couscous !

J’ai un très cher ami qui n’aime pas le couscous.

Je ne savais même pas que c’était possible !

Chez moi, le couscous, c’était le dimanche, pas le vendredi comme ici.
Un rythme. Un repère. Un souvenir de la vie d'avant.

La vapeur dans la cuisine.

La semoule nourrie doucement, avec application, délicatement.

Les trois cuissons à la vapeur, l'huile d'olive entre chaque cuisson, puis le beurre à la fin.
Ce n’était pas seulement un plat. C’était un ancrage.

Alors quand il m’a dit :“Je n’aime pas le couscous", j’ai d’abord cru qu’il plaisantait. Et puis j’ai compris que pour lui, ce n’était qu’un plat.

Pas une histoire. Pas un souvenir. Juste un goût ou une texture.

Et ça m’a rappelé quelque chose d’essentiel : dans ma maison Alexandra Nomade, je n’impose rien, ni habitudes, ni rituels, ni souvenirs à aimer.

C’est un lieu pour venir avec son propre goût de la vie.
Ses préférences.
Ses blessures.
Ses manques.

Même si on n’aime pas le couscous.

Ici, on a le droit d’être différent.
Le droit de ne pas adhérer.
Le droit d’inventer autre chose.

Et peut-être que le vrai luxe, finalement, ce n’est pas d’aimer la même chose. C’est d’être accueilli tel qu’on est.

 

Et même sans couscous, certaines rencontres nourrissent autrement… et deviennent précieuses.

 

 

 

 

 

 

 

Vieillir longtemps, vivre bien

Vieillir n'est pas disparaitre

Je ne comprends pas pourquoi vieillir devrait rimer avec se faire petit.

Autour de moi, j’entends surtout parler de perte : perte d’autonomie, perte d’énergie, perte de capacités.

Le vieillissement est médicalisé, presque pathologisé, alors qu’il est simplement un phénomène normal.

Comme si tout devenait une lente réduction. Un effacement annoncé.

Dans mes recherches, dans mes échanges, je vois autre chose : des personnes plus claires, plus affirmées, moins disposées à faire semblant.

Vieillir, ce n’est pas sortir du jeu, c’est changer de place.

On ne court plus partout, on ne cherche plus à plaire à tout le monde.
On devient plus sélectif. Plus lucide.

Ce qui me dérange, ce n’est pas l’âge.
C’est le récit qu’on en fait.

Comme s’il fallait déjà préparer la sortie, se faire discret, se faire raisonnable.

Je ne crois pas à cette disparition progressive.

Je crois qu’on peut ralentir sans se retirer.
Demander de l’aide sans perdre sa dignité.
Changer de rythme sans changer de valeur.

Vieillir n’est pas s’effacer, c’est se déplacer.

Et parfois, ce déplacement demande un autre lieu.
Un autre souffle.
Un autre cadre.

C’est aussi pour cela que j’ai imaginé Alexandra Nomade.
Pas pour “accueillir des seniors”, mais pour offrir un espace où l’on peut traverser ce moment sans se réduire.

Rester debout.
À son rythme.

 

Chroniques de la maison

Ce qu’est vraiment (et n'est pas) Alexandra Nomade

À Essaouira, Alexandra Nomade n’est ni un hôtel, ni une maison d’hôte, ni une résidence senior.
C’est un espace de respiration.

On vient ici quand quelque chose en soi demande à bouger.
Quand les solutions classiques semblent trop froides, trop normées, trop médicalisées.
Quand on ne veut ni être assisté, ni être isolé.

Ce n’est pas une structure, c’est une présence.
Je ne “gère” pas des résidents. Je ne remplis pas des chambres.

J’accueille des personnes qui traversent un passage.

Fatigue.
Solitude.
Deuil.
Transition de couple.
Préparation à un changement de vie.
Besoin de clarté.

On peut rester 3 jours, ou plusieurs mois. Rien n’est figé.

Et la colocation ?
On parle beaucoup de colocation senior.
Souvent comme une solution économique.
Parfois comme une alternative à l’EHPAD.
Mais vivre ensemble n’est pas une solution magique.

Une coloc peut être lumineuse, mais elle peut aussi devenir pesante, maladroite, conflictuelle.

Partager un toit, c’est partager :
– des rythmes
– des habitudes
– des blessures invisibles
– des attentes

Ça ne s’improvise pas.

Alexandra Nomade est peut-être le laboratoire doux de quelque chose de plus ambitieux : Une colocation choisie, pensée, préparée, lucide. Pas une solution de repli mais un projet conscient.

Ici, on expérimente le vivre-ensemble sans pression.
On observe.
On ressent.
On ajuste.
Ce n’est pas une fin.
C’est un entre-deux.

Et parfois, les entre-deux sont les endroits les plus précieux.

Vivre longtemps, vivre bien

Arrêtez de taper sur les boomers

 

Ce matin, je lisais un article d’Alexandre Faure sur la dépendance et les +700 000 seniors dépendants attendus en 2050 (projection de la DREES).

Et encore une fois, le même réflexe :
faire des baby-boomers les responsables du déséquilibre.

Anthropologiquement, c’est fascinant.

Quand une société doute, elle cherche un coupable identifiable.
René Girard l’avait parfaitement analysé : le mécanisme du bouc émissaire apaise symboliquement les tensions collectives.

Aujourd’hui, ce bouc émissaire, ce sont les boomers.

Mais les boomers ne sont pas un bloc.
Ils sont traversés par les mêmes inégalités que le reste de la société.
Un retraité sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.

Le vieillissement n’est pas un “problème de vieux”.
C’est un symptôme d’une mutation civilisationnelle plus profonde :
baisse de la fécondité mondiale, transformation du travail, éclatement des structures familiales.

Ce que j’observe, avec Alexandra Nomade à Essaouira :

👉 une génération qui refuse l’infantilisation
👉 qui ne veut ni institution ni isolement
👉 qui cherche des formes intermédiaires de vie

La question n’est pas :
“Comment financer les vieux ?”

La question est :
“Comment voulons-nous vieillir, collectivement ?”

Et ça change tout.

 

Ce qui reste

Célébrer le lien : séjour de deuil au Maroc : réinventer les rituels de passage près d’Essaouira

 

Nous ne savons plus faire.

Nous ne savons plus marquer un départ.
Qu’il s’agisse d’un proche, d’un parent, d’un compagnon de vie ou d’un animal aimé.

Dans nos sociétés modernes, le deuil est souvent rapide, administré, presque silencieux. La cérémonie est brève, puis il faut “reprendre”.

Mais le vivant ne reprend pas si facilement.

Le deuil n’est pas un problème à résoudre. C’est un passage, et tout passage a besoin d’un seuil.


Pourquoi les rituels de deuil sont essentiels

En tant qu’anthropologue, j’ai étudié les rituels de passage dans différentes cultures.

Partout, les sociétés ont inventé des gestes pour accompagner la mort : des cérémonies, des temps de recueillement, des symboles forts.

Ces rituels ne sont pas accessoires. Ils permettent d’intégrer la perte.
De donner une forme à l’absence.
D’inscrire la disparition dans une continuité.

Lorsque ces gestes disparaissent, le deuil peut rester en suspens.
Il s’imprime dans le corps, dans la fatigue, dans une tristesse diffuse.

Ritualiser, ce n’est pas dramatiser.
C’est reconnaître le lien.


Deuil humain ou deuil animal : reconnaître la profondeur du lien

Le deuil animal est souvent minimisé.
“Ce n’était qu’un chien.”
“Ce n’était qu’un chat.”

Et pourtant, le lien avec un animal peut être d’une intensité rare :
présence quotidienne, affection inconditionnelle, complicité silencieuse.

Qu’il s’agisse d’un proche humain ou d’un compagnon à quatre pattes,
la perte mérite d’être honorée.

Célébrer le lien, c’est affirmer que ce qui a été vécu compte.


Séjour de deuil au Maroc : un temps pour traverser autrement

Chez Alexandra Nomade, maison de ressourcement près d’Essaouira au Maroc, je propose des mini-séjours pour accompagner le deuil.

Des séjours courts, pensés comme des espaces de passage.

Ensemble, nous construisons une célébration symbolique adaptée à votre histoire :

  • Planter un arbre dans un lieu inspirant

  • Écrire une lettre d’adieu ou de gratitude

  • Marcher jusqu’à l’océan Atlantique et déposer des fleurs

  • Méditer face à l’horizon

  • Créer un rituel sobre, intime, personnalisé

Il ne s’agit ni d’un cadre religieux, ni d’un accompagnement médical.
Il s’agit d’un espace humain, respectueux, pour traverser l’absence.


Honorer la disparition pour continuer à vivre

Éviter la mort ne la fait pas disparaître.
La nier ne soulage pas.

Accueillir la disparition, lui donner un geste, un symbole, permet de transformer le lien plutôt que de le figer.

Ces séjours de deuil près d’Essaouira ne sont pas des retraites de tristesse. Ce sont des temps de conscience, des parenthèses pour intégrer, déposer, respirer.

Célébrer le lien, c’est continuer à aimer autrement.